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Dessin de tracé de fleuve

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Contes de l’eau et de la pluie

Mots clés : Asie, Europe, contes soufis, ermite Unicorne, légendes juives, maîtres du Tamuld, Nasr Eddin Hodja, Tiki
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Index du dossier
1. Dix Malices de Nasr Eddin Hodja
2. Six Contes soufis
3. Six Légendes juives
4. Trois Contes d'Asie et du Pacifique
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Six Légendes juives

Les plus belles légendes juives – Victor Malka
Collection Points

 

Pourquoi la pluie s’arrête-t-elle ?

Les Rabbi, maîtres du Tamuld, ne sont pas tous d’accord sur les raisons.
Pour Rabbi Chimon ben Pazi, c’est la calomnie qui provoque l’arrêt des pluies.
Pour Rabbi Salla, c’est à cause des gens impudents et arrogants que les pluies cessent de tomber.
Pour Rabbi Ami, c’est à cause des brigands s’il ne pleut plus.

L’eau de Potiphar

Un jour, Potiphar, l’intendant du roi d’Égypte, demande à Joseph de lui apporter une boisson chaude. Le fils de Jacob la lui apporte. Potiphar prend le verre et dit :
- Je me suis trompé, en réalité, je voulais un verre d’eau tiède.
Joseph répond :
- Cette eau est tiède.
L’intendant du roi trempe son doigt dans l’eau et constate qu’elle est réellement tiède. Il s’en étonne et dit à Joseph :
- Je ne veux pas de l’eau tiède, mais du vin fort.
- Buvez donc ce verre, il est plein de ce vin.
Potiphar boit et son étonnement grandit. Il s’adresse une fois de plus à Joseph :
- J’aime beaucoup le vin d’absinthe.
- Buvez le vin qui reste dans le verre, répond Joseph, c’est un vin d’absinthe.
L’intendant du roi demande ensuite du vin doux.
- Il est dans le verre que vous avez devant vous, répond Joseph.
Alors Potiphar comprend que Dieu est avec Joseph. Il lui confie les clefs de ses trésors et lui dit :
- Désormais, je te délègue mes pouvoirs.

Douze citernes d’eau

On raconte qu’un jour, tout Israël se rendant en pèlerinage à Jérusalem pour les fêtes, il n’y avait pas assez d’eau pour tout le monde. Nakdimone ben Gourion va trouver un général romain et lui dit :
- Prête-moi douze citernes d’eau pour les pèlerins. Je te les rendrai à telle date, faute de quoi je te remettrai une somme de douze pièces d’argent.
Au matin du jour prévu pour le remboursement, la pluie n’est pas tombée. L’homme envoie à Nakdimone un message :
- Rends-moi l’eau ou donne-moi l’argent.
- J’ai encore un délai de toute une journée, répond l’autre.
À midi, nouvelle demande et même réponse.
En milieu d’après-midi, le militaire romain revient à la charge. Nakdimone lui fait répondre :
- Le délai n’est pas tout à fait écoulé. La journée n’est pas finie.
L’homme ne manque pas de persifler : Mais que croit-il donc ce Nakdimone ? Il n’a pas plus tout au long de l’année et il pleuvrait soudain aujourd’hui ?
Nakdimone, écrasé de tristesse, entre dans le Temple, se couvre de son châle de prière et s’adresse à Dieu en ces termes :
- Tu sais bien que ce n’est pas dans mon intérêt, ni dans celui de la maison de mon père que j’ai agi comme je l’ai fait. C’est seulement pour la gloire de ton Nom et pour que les pèlerins venus à Jérusalem puissent apaiser leur soif.
Aussitôt, le ciel se couvre de nuages, la pluie se met à tomber en abondance. Les citernes se remplissent et même débordent.
Nakdimone, rencontrant le général romain à la sortie du Temple, lui dit :
- Il faudra me payer le surplus d’eau qu’il y a dans tes citernes.
- Je sais, répond le Romain, que Dieu n’a changé l’ordre du monde que pour t’être agréable. Mais tu n’en est pas quitte pour autant : en effet, quand la pluie s’est mise à tomber, il faisait déjà nuit. Le délai était donc passé. Paye ta dette !
Nakdimone retourne alors dans le Temple, reprent son châle et adresse à Dieu cette prière :
- Maître du monde, montre à tous qu’il y a dans le monde des gens que tu chéris.
À ce moment, le vent souffle, le ciel se dégage et le soleil brille à nouveau dans le ciel.
Le général romain a le mot de la fin :
- Si le soleil n’était pas réapparu, j’aurais eu le droit de réclamer la somme prévue !

Les nuages obéirent

Rabbi Hiya raconte qu’un jour, il entend deux nuages qui discutent ensemble. L’un dit à l’autre :
- Allons arroser les terres d’Ammone et de Moab.
Alors il s’interpose et déclare aux nuages :
- Lorsque Dieu a fait le tour des toutes les nations et leur a proposé la Torah, aucune d’entre elles n’a voulu l’accepter, sauf le peuple d’Israël. Et aujourd’hui, vous oubliez la terre d’Israël pour aller fertiliser celles d’Ammone et de Moab ! Dispersez donc vos bienfaits ici !
Les nuages obéirent.

La fille dans le puits

Nehounya avait pris l’habitude de creuser des puits afin que les pèlerins se rendant à Jérusalem puissent, en chemin, étancher leur soif.
Un jour, on vient apprendre à Rabbi Hanina ben Dossa que la fille de ce Nehounya est tombée dans un des puits creusés par son père.
- Il n’y a rien à craindre, dit-il dans un premier temps.
Quelques instants après, il ajoute :
- Je suis convaincu qu’on l’a déjà tirée de là.
On lui demande :
- Qui ?
- C’est le bélier du patriarche Isaac qui l’a tirée de là, répond-il. Le bélier était lui-même assisté du patriarche Abraham.
- Es-tu donc prophète ? lui demanda-t-on. Comment sais-tu qu’elle a été sauvée ?
- Je ne suis ni prophète, ni fils de prophète, mais je réfléchis et je me dis que ces puits, pour lesquels Nehounya s’est donné tant de peine, ne peuvent tout de même pas devenir un piège pour sa descendance.

Le sel et la pluie

Rabbi Hanina ben Dossa chemine sur la route, tenant dans sa main un récipient plein de sel. Il se met à pleuvoir. Il dit, s’adressant au ciel :
- Tout le monde va être content puisque les champs seront irrigués, mais moi, je suis triste parce que mon sel ne vaudra plus rien.
Aussitôt la pluie s’arrête.
Arrivé chez lui, Hanina reprend sa prière :
- Maître du monde, il n’est pas juste que le monde entier soit triste pour que je sois content.
Aussitôt, la pluie se remet à tomber.