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Dessin de tracé de fleuve

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Ontario's Global Water Leadership Summit

Mots clés : Ontario, Canada, développement, entreprises, innovation, recherche, R&D, universités
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Index du dossier
1. L'Ontario, chef de file de l'innovation dans l'eau
2. Entreprises innovantes : 10 start-up repérées par Artemis
3. Quelle place pour l'innovation dans le secteur de l'eau ? Éléments d'analyse proposés par Cleantech Group
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Quelle place pour l'innovation dans le secteur de l'eau ?

Quelle place pour l’innovation dans le secteur de l’eau ? Quelles opportunités, et aussi quels défis, l’innovation représente-t-elle pour les acteurs ? Sur quelles évolutions – technologiques ou de marché – les nouveaux acteurs peuvent-ils se fondés pour développer un business modèle adéquat ? Partenaire de l’Ontario’s Global Water Leadership Summit, Sheeraz Haji, président-directeur général du Groupe Cleantech, ouvre quelques pistes de réflexion.

Cleantech Group

 

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  • une forte centralisation
  • une trop faible flexibilité
  • une forte intensité capitalistique
  • des pertes énormes

Pourtant l’attention des entreprises ne se focalise plus sur exclusivement sur leurs consommations énergétiques ; l’eau devient pour elles un nouveau centre d’intérêt, que ce soit d’ailleurs d’un point de vue financier ou pour répondre aux préoccupations de leurs propres clients. Ainsi la chaîne de distribution américaine Walmart a demandé à ses fournisseurs de lui fournir un bilan d’évaluation de leurs efforts en matière environnementale. Parmi les 15 questions posées, figuraient les deux questions suivantes :

  • Si l’évaluation a été faite, quelle est consommation totale d'eau réalisée pour la production à destination de Walmart ?
  • Avez-vous publié des objectifs de réduction de vos consommations d'eau ? Si oui, quels sont ces objectifs ?

Chaque enfant – futur citoyen, consommateur et client – apprend aussi dorénavant combien il faut d’eau pour produire un kilogramme de viande, une paire de blue jeans, une voiture ou une tonne d’acier.


Une innovation imposée
En dépit de l’attractivité médiocre du secteur

Le stress hydrique, l’âge moyen des infrastructures, les pollutions émergentes : tous trois en augmentation, face auxquels les besoins grandissants pour l’alimentation, l’énergie ou les biens de consommation courante ainsi qu’un désir pour une eau "durable", font que l’innovation est dorénavant imposée. Elle devient la condition de la survie de l’industrie. 

Le secteur reste cependant peu attractif pour les investissements de capital-risque. Le prix de l’eau ne reflète pas sa rareté et, en fin de compte, trahit sa valeur. Les politiques de l’eau et les cadres réglementaires évoluent lentement.

Les technologies propres ont, en 2010, totalisé 7,9 milliards de dollars US en investissements de capital-risque, répartis sur 738 opérations.  Elles tendent ainsi à récupérer le recul enregistré en 2009, à 6 milliards de dollars, contre 8,9 milliards en 2008 (répartis sur un nombre plus limité d’opérations : 584). Le secteur de l’eau ne représente cependant que 3 % de ces investissements – soit une part équivalente aux investissements recueillis par l’éolien ou les réseaux intelligents ; mais  loin derrière  le solaire (24 %), l’efficacité énergétique (18 %), le transport et le stockage d’énergie (13 % chacun) ou encore  les biofuels et les biomatériaux (8 %).

En valeur absolue, les investissements recueillis en 2010 par le secteur ont représenté 257 milliards de dollars, répartis sur 47 opérations.  43 % des investissements se sont orientés vers le traitement des eaux usées, contre 40 % pour l’approvisionnement  en eau (les technologies de filtration et de purification, inclus le dessalement),  13 % pour les systèmes de gestion  et 3 % la préservation de la ressource.

Les opérations les plus importantes ont été : Seven Seas (65,9 M USD), MIOX (49,5 M USD) Wellspring (47,9 M USD), Halosource 46 M USD), WaterHealth (45,2 M USD), EnerTech (45 M USD), Quench (39 M USD), Waterleau (33,8 M USD). Les investisseurs les plus actifs ont aussi été : KPCB, Emerald Tech Ventures, Chrysalix, XPV, SAIL Venture Partners, Element et Kinrot Ventures.

Les analystes espèrent néanmoins que le secteur de l’eau devienne progressivement plus attractif et misent sur un rattrapage.  Ils estiment que les acteurs industriels ainsi que les opérateurs, publics comme privés, auraient d’ailleurs tout intérêt à communiquer davantage. Ils relèvent néanmoins deux points positifs : d’une part, une augmentation des financements en amont des projets (synonyme d’une meilleure appréhension du secteur par les investisseurs) et, d’autre part, une attention accrue des investisseurs envers les technologies visant à améliorer l’efficacité, notamment énergétique, des traitements.

En se complexifiant la chaîne de valeur du secteur de l’eau ouvre de nouveaux domaines d’innovation. Alors aussi que la venue des technologies hi-tech dans le secteur de l’eau est relativement récente, le mouvement devrait s’accélérer. Il reste que le cycle d’adoption des nouvelles technologies reste dans le secteur relativement lent ; que les marchés sont aussi extrêmement épars et fragmentés. Cela représente une difficulté de plus pour les jeunes entreprises innovantes. 


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En se complexifiant, la chaîne de valeur du secteur de l’eau ouvre de nouveaux domaines d’innovation. Alors aussi que la venue des technologies hi-tech dans le secteur de l’eau est relativement récente, le mouvement devrait s’accélérer. Il reste que le cycle d’adoption des nouvelles technologies est dans le secteur relativement lent ; que les marchés sont par ailleurs extrêmement épars et fragmentés. Cela représente une difficulté de plus pour les jeunes entreprises innovantes.  .