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L'URBANISME DU VIVANT
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| L a brasserie des Crayères à Reims (Marne) – photo Praxys |
Conduire le changement en partenariat avec les collectivités
Mais sur le terrain, cette ambition se heurte à une difficulté majeure dont on parle encore trop peu. La difficulté n’est pas seulement de concevoir des projets plus végétalisés. La vraie difficulté, c’est de les faire entrer durablement dans les pratiques des collectivités.
Introduire davantage de végétalisation dans la ville suppose une conduite du changement très concrète. Il ne suffit pas qu’un projet soit bien dessiné pour qu’il fonctionne. Il faut que les services techniques se l’approprient. Il faut que les méthodes d’installation soient comprises. Il faut que la maintenance soit anticipée. Il faut que la ville accepte que le vivant ne se pilote pas comme un ouvrage purement minéral.
Le vivant bouge. Il pousse. Il évolue. Il demande du soin. Il demande du suivi. Il demande aussi d’accepter une part de transformation dans le temps.
L’eau devient visible, sensible, appropriable. Elle structure les espaces, enrichit les usages, rafraîchit la ville. Travailler avec elle, c’est accepter une part d’évolution et de temporalité.
C’est pourquoi, quand nous travaillons avec une collectivité, notre rôle ne s’arrête pas au plan masse ou au chantier. Il faut embarquer les équipes. Expliquer les choix. Ajuster les modalités de mise en œuvre. Traduire le projet dans une logique opérationnelle. Accompagner les techniciens, au moment de l’installation comme dans les premières phases de vie du site.
Autrement dit, un projet d’urbanisme du vivant n’avance pas contre les collectivités. Il avance avec elles. En partenariat étroit.
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| La place jardinée La Prairie à Cachan (Val-de-Marne) – photo Praxys |
Intégrer la maintenance dès le départ
Cette manière de faire change la posture du concepteur. Nous ne livrons pas un décor. Nous construisons un cadre évolutif avec ceux qui vont le faire vivre au quotidien. Cela suppose d’écouter les contraintes des villes, leurs rythmes, leurs moyens, leurs habitudes de gestion, leurs inquiétudes aussi. Car la question revient souvent, et elle est légitime. Qui va entretenir ? Comment ? Avec quels outils ? Avec quelle intensité ? Avec quelle tolérance à l’évolution du paysage ?
Ces questions ne sont pas secondaires. Elles sont centrales. Un projet vivant qui n’intègre pas la maintenance dès le départ court à l’échec. À l’inverse, un projet conçu avec les services, pensé dans le temps long et accompagné dans ses premières années, a toutes les chances de produire des effets durables.
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| Le quartier des Agnettes à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) – photo Praxys |
C’est sans doute cela, au fond, l’urbanisme du vivant. Non pas qu’une esthétique. Non pas une mode. Mais une méthode.
Une méthode qui considère que la ville n’est pas un objet figé, mais un milieu. Une méthode qui accepte que le paysage évolue. Une méthode qui relie conception, usage, technique, entretien et temps long. Une méthode qui redonne une place à ce que la ville avait trop souvent relégué au second plan : les sols, l’eau, les arbres, l’ombre, les continuités, le soin.
Les collectivités qui s’engagent dans cette voie ne cherchent pas seulement à rendre leur ville plus verte. Elles cherchent à la rendre plus robuste, plus respirable et plus habitable.
Et cela commence rarement par un grand discours. Cela commence par une autre façon de travailler. ▄
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Co-fondateur de Praxys Paysage & Urbanisme, Thomas Boucher intervient sur des opérations d’espaces publics menées avec des collectivités, notamment à Granville, Massy, Gennevilliers, Bonneuil-sur-Marne et Asnières-sur-Seine. Praxys Paysage & Urbanisme est une agence internationale qui intervient dans la fabrication et la transformation de la ville et du territoire à travers la création de pièces urbaines, d’espaces publics, de parcs ou de jardins. De Paris à Saint Pétersbourg, de Bruxelles à Milan, l'agence explore le potentiel d’enchantement du monde. Depuis sa création en 2007, elle a réalisé plus de 150 projets : des études d’urbanisme, des projets de maîtrise d’œuvre d’espaces publics, de quartiers et de jardins, notamment historiques. Praxys réunit, aux côtés de Thomas Boucher, associé fondateur, et de Benoît Fagnou, associé, une équipe pluridisciplinaire de 20 personnes, composée de paysagistes et d’urbanistes, d’architectes et de designers. L’agence est lauréate des Albums des Jeunes Architectes et Paysagistes 2009-2010, décerné par le ministère de la Culture. Son siège est à Montreuil. Praxys | Paysagistes & Urbanistes |








