L'eau des canauxMots clés : les usages de l'eau des canaux et voies navigables : naviguer mais aussi alimenter, irriguer, préserver, prévenir, refroidir |
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L'EAU DES CANAUX
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| L'Aa canalisée à Watten, dans le Pas-de-Calais, en amont de la bifurcation vers le canal de la Haute-Colme (liaison Dunkerque-Escaut) et vers celui de Calais – photo MLB |
Toute cette eau, au service de la navigation ? Oui, mais pas que
Alors que les péniches à l'arrêt sur le Danube et le Rhin, au minimum en sous-charge, faisaient la "une" des journaux télévisés, dimanche 16 août, VNF décrétait l'interdiction de navigation sur le canal du Centre en Saône-et-Loire, faute de pouvoir assurer le niveau d'eau et le fonctionnement des écluses. Une première dans l'histoire du département, cet été particulièrement touché par la sécheresse. Une situation exceptionnelle, en tout cas en France, même si quelques jours auparavant VNF affichait encore un taux d'opérabilité de 97,5 % sur son réseau à grand gabarit et de 71,5 % sur le réseau à petit gabarit.
Nonobstant cette situation "exceptionnelle" [mais qui présente le risque de devenir une "normale saisonnière"], ces 42 barrages-réservoirs sont à même d'assurer la parfaite continuité de la navigation fluviale. Mais pas que…
En réalité, ces ouvrages d'alimentation en eau et de régulation des niveaux participent à une multiplicité d'usages : l'irrigation agricole, le refroidissement des centrales nucléaires, la production d'électricité, les activités industrielles et aussi tout bonnement la production d'eau potable, sans parler des loisirs nautiques.
Les voies navigables jouent ainsi un rôle essentiel dans la mise à disposition d'eau pour la consommation, en particulier dans les territoires où les rivières et canaux constituent la principale ressource en eau brute. Ainsi par exemple, en Île-de-France, sur la Marne, 13 barrages de régulation maintiennent le niveau d'eau indispensable au bon fonctionnement de la prise d'eau de l'agglomération de Meaux qui alimente 80 000 personnes. En Haute-Marne, VNF a achevé en 2025 d'importants travaux de confortement de son barrage de la Mouche afin d'en augmenter la capacité de stockage de 5,64 Mm3 à 7,79 Mm3. Cette opération contribue à la sécurisation de l'alimentation du Syndicat mixte de production d'eau potable du Sud Haute-Marne (SMIPEP) englobant 45 communes dont Langres.
En réalité, 14 millions de Français (20 % de la population) bénéficient d'un service d'alimentation en eau et d'assainissement reposant sur le réseau de VNF, dont 5 millions uniquement en Île-de-France. C'est aussi ce qui explique que certains d'entre eux ont sur leur facture d'eau une ligne "Voies navigables de France".
"La résilience des voies navigables et le renforcement des capacités de stockage existantes représentent des atouts pour la compétitivité des secteurs agricoles", rappelle VNF. L'agriculture est effectivement très dépendante du transport fluvial pour ses approvisionnements et le transport de ses récoltes, notamment de céréales. Elle l'est aussi pour l'irrigation. Cette dernière représente près des deux tiers des volumes d'eau qui transitent par le canal des Deux-Mers (regroupant le canal du Midi et le canal latéral à la Garonne).
VNF considère que 45 à 52 % des eaux qui transitent par son réseau sont utilisées pour l'irrigation agricole, des volumes qui pour le coup ne sont pas seulement "prélevés" mais bien "consommés".
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| L'écluse de Fontinettes, à Arques dans le Pas-de-Calais – photo MLB |
VNF, gestionnaire d'une ressource précieuse
Qu'il s'agisse des écluses, barrages ou digues, ces ouvrages fluviaux conçus à l'origine pour la navigation, pour certains il y a plusieurs centaines d'années (les écluses de Fonseranes à Béziers par exemple), participent aujourd'hui pleinement à la résilience de nos territoires. Leur modernisation constitue un enjeu majeur.
Un enjeu majeur mais qui n'empêche pas de grandes appréhensions. Ainsi, par exemple, les vives tensions engendrées par le nouveau canal à grand gabarit Seine-Nord Europe devant relier le bassin de la Seine avec le réseau fluvial du nord de la France et du Benelux. Ses détracteurs soulignent, entre autres, le "massif accaparement" de l'eau que l'infrastructure de 107 kilomètres va représenter. Ainsi, encore, les appréhensions suscitées par le projet de doublement de l'écluse de Fontinettes, à Arques dans le Pas-de-Calais, sur l'axe Dunkerque/Seine-Escaut. La nouvelle écluse, qui sera aménagée sur la rive droite de l'écluse existante sur 145 mètres de long, sera tout de même assortie de quatre bassins "d'épargne" permettant de stocker deux tiers des volumes d'eau (soit 2/3 de 25 000 m3) nécessaires à chaque passage de bateau en vue de leur réutilisation pour la bassinée suivante.
Dans une nouvelle ère où les ressources en eau deviennent plus rares, et plus disputées, celles gérées par VNF deviennent d'autant plus stratégiques. L'établissement s'est engagé à produire, d'ici fin 2026, des plans d'adaptation territorialisés, précis et chiffrés en vue de définir les mesures d'adaptation concrètes, capables d'assurer la sécurité de ses ouvrages et la continuité de ses services. Nous pouvons espérer qu'un volet sur la répartition des usages y sera adjoint… pour la transparence, non plus cette fois des ouvrages mais de la gestion d'une ressource aujourd'hui déjà plus que précieuse. ▄
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| Sécheresse et canicule : comment le réseau fluvial participe à la résilience des territoires ? – VNF Canal Seine-Nord Europe Les Fontinettes Le projet de doublement de l’écluse de Fontinettes – VNF Travaux sur l'actuelle écluse de Fontinettes (2023) – France 3 Hauts-de-France |







