CANALISATEURS
Les priorités du nouveau président
la rédaction
H2o – juin 2026
Christophe Ruas a été élu à la présidence de l’organisation professionnelle Les Canalisateurs pour un mandat de trois ans, lors de l’assemblée générale qui s’est tenue le 3 juin à la Maison des Travaux publics. Il succède à Pierre Rampa, président depuis 2022.
Ses premières priorités sont issues du "Tour de France" qu’il a réalisé pendant six mois, à travers 15 étapes ayant réuni 300 participants et près de 140 entreprises adhérentes, pour mieux cerner leurs attentes et préoccupations et mieux comprendre la réalité de leur territoire. Leur première attente est que leur syndicat soit davantage visible et plus engagé dans la défense de leurs intérêts collectifs auprès des décideurs publics.
Être un véritable partenaire de confiance des collectivités, à travers une stratégie dédiée
Derrière chaque école, hôpital, entreprise ou logement, il y a des réseaux qui fonctionnent, permettent la vie quotidienne, garantissent l’activité économique et assurent la continuité des services essentiels. L’eau comme le gaz sont désormais des enjeux stratégiques et le changement climatique renforce encore cette réalité : les territoires doivent désormais anticiper pour s’y adapter efficacement. Dans ce contexte, les interconnexions entre réseaux deviennent des outils essentiels de solidarité entre territoires pour sécuriser l’accès à l’eau et à l’énergie et les métiers des canalisateurs font partie intégrante de la solution.
Les délégués territoriaux et régionaux du syndicat, élus le 3 juin, ont un rôle central pour dialoguer avec les élus et porter cette ambition : remettre l’entretien et la modernisation des infrastructures d’eau à l’agenda des territoires. Pour ce faire, le syndicat, en qualité de véritable partenaire de confiance des collectivités, a construit une stratégie dédiée aux élus qui sera accompagnée par des outils concrets, tels que MonSuiviEau, des travaux comme le coût de l’inaction et des formations, afin de rendre visibles les conséquences du report des investissements.
Un Manifeste est en cours de création pour aider les entreprises à accompagner les élus dans leurs investissements, leur donner des arguments pour convaincre leurs administrés de leur nécessité et les amener à mieux accepter les travaux. Car repousser les investissements, ce n’est jamais faire des économies, c’est transférer les coûts et risques aux générations suivantes.
Tirer vers le haut la profession et l’aider à poursuivre son exigence de qualité
À travers les travaux de ses différentes commissions Qualité, Technique, Gaz distribution, Thermie, Transport, le syndicat ambitionne de faire grandir la profession et de renforcer son exigence de haute qualité. Une commission Travaux sans tranchée travaille depuis plusieurs mois pour développer ces travaux qui permettent de favoriser l’acceptabilité des riverains. Jusqu’à maintenant concentrée sur la réhabilitation, elle s’ouvre aujourd’hui aux travaux neufs à travers un comité dédié.
Accompagner les entreprises dans leurs démarches de responsabilité sociale et transition écologique
Christophe Ruas continuera à présider la commission Prévention pour suivre de près le travail qu’il a engagé pour améliorer les conditions de travail des canalisateurs et sécuriser les chantiers, car "une profession qui protège mieux est aussi une profession qui attire davantage" (le métier est à la recherche de 2 000 agents par an). À ce titre, la commission Compétences & Ressources humaines intensifiera la promotion de l’attractivité des métiers, qui passe aussi par la capacité à former, intégrer davantage de femmes dans les entreprises et démontrer que les TP sont aussi un secteur d’innovation et technologie. Les projets portés autour des exosquelettes ou des outils d’évaluation, loin d’être des sujets secondaires, démontrent que la profession investit autant dans l’humain que dans les infrastructures.
De son côté, la commission Environnement continuera d’accompagner l’ambition des entreprises pour abaisser l’empreinte carbone de leurs chantiers, au travers de la réalisation de leur bilan carbone, notamment par l’appropriation des outils tels que SEVE-TP.
"Ce qui fait notre force, ce sont nos entreprises, nos territoires, notre collectif. Notre métier est au centre des grands défis de notre époque. Aujourd’hui, la préservation des ressources, l’adaptation au changement climatique et la modernisation de nos infrastructures sont devenues des enjeux partagés. Prendre soin de nos réseaux, c’est aussi préparer l’avenir et transmettre aux générations futures des territoires plus résilients. Face à ces enjeux, le syndicat des Canalisateurs continuera d’être présent sur le terrain, à l’écoute de ses adhérents et aux côtés des collectivités. Car, les solutions de demain passent par les travaux que nous réalisons aujourd'hui", conclu Christophe Ruas. ▄
- ResSources
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Christophe Ruas est P-DG de la Société Régionale de Canalisation (SRC) depuis 1995 et de la société Leygue depuis 2002, basée près de Nîmes. Il est également gérant de la Financière Travaux Publics et Carrière depuis 2008. Il est titulaire d’une maîtrise de chimie mention Chimie des matériaux et interfaces et d’un diplôme d’études supérieures spécialisées de Certificat d’aptitude à l’administration des entreprises. Passionné par les métiers de l’eau et des infrastructures de réseaux, Christophe Ruas est engagé de longue date dans l’action syndicale nationale et régionale. Au niveau régional, il préside la délégation gardoise de la FRTP et il est trésorier de la FRTP Occitanie depuis 10 ans. Il a également initié la création du Label GECO (Granulats de l’Économie circulaire d’Occitanie) pour le compte de la FRTP Occitanie, en coordination avec l’ADEME et la Région. Au niveau national, il a été chef de file du groupe de travail Bien-être au travail de la FNTP, mené en partenariat avec le Direction générale du travail, la CNAM, l'Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) et l’Organisme professionnel Prévention Bâtiment Travaux publics (OPPBTP). Il est également président de la commission Prévention des Canalisateurs depuis 2021.
Les Canalisateurs, organisation membre de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), fédère 350 entreprises, de toutes tailles, spécialisées dans la pose et la réhabilitation de réseaux d’eau potable, d’eaux usées et pluviales, d’irrigation, de gaz et fluides divers, qui emploient 35 000 salariés. L'organisation est le deuxième syndicat de spécialité de la FNTP.
Les Canalisateurs
Outil MonSuiviEau – déjà disponible pour les régions Rhône-Alpes et PACA
En France, les réseaux de canalisations constituent un patrimoine évalué à plus de 300 milliards d’euros. Près d’un million de kilomètres forme le linéaire d’eau potable et près de 400 000 km celui des réseaux d’assainissement (source SISPEA 2025, données 2023). S'y ajoutent : 206 000 km pour la distribution de gaz (source GRDF Gaz 2023) et 39 000 km de gazoducs (source NaTran 2024 et Teréga 2024). Enfin, les réseaux de thermie couvrent près de 8 000 km pour les réseaux de chaleur et près de 300 km pour les réseaux de froid (source FEDENE 2025, données 2024).
Toujours selon le rapport annuel SISPEA 2025, le taux de renouvellement des réseaux est de 0,66 % pour l'eau potable et 0,48 % pour l'assainissement. Les Canalisateurs estiment à 2 milliards d’euros le déficit annuel d’investissement sur les réseaux d’EP et d’assainissement. |