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Groenland : Washington joue avec le feu… et la planète

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Dossier de
la rédaction de H2o
  
13/01/2026

L’administration Trump II continue de s’intéresser de près aux ressources fossiles du Groenland, présentées comme un levier stratégique pour répondre aux besoins énergétiques des États-Unis. Une logique déjà à l’œuvre au Venezuela où, malgré la nature autoritaire du régime, l’objectif affiché restait la sécurisation de ressources jugées essentielles. En fragilisant les équilibres géopolitiques et certains principes du droit international, cette stratégie a aussi un coût environnemental majeur : selon Greenly, elle pourrait entraîner l’émission de plus de 150 millions de tonnes de CO2e par an.

Depuis son retour au pouvoir en 2025, l’administration Trump a engagé une refonte profonde de la politique énergétique américaine, marquée par un soutien accru à l’exploitation des énergies fossiles et un recul assumé des énergies renouvelables, en particulier de l’éolien. Cette orientation tranche nettement avec celle suivie par la majorité des pays occidentaux, notamment européens, engagés dans l’accélération de la transition énergétique. À travers cette course à l’exploitation des combustibles fossiles, le gouvernement américain attise les tensions, notamment autour du Groenland. Depuis le début de la nouvelle administration, Washington exprime de manière répétée sa volonté d’en prendre le contrôle, en invoquant des impératifs de sécurité nationale. Une position fermement rejetée par le Danemark et condamnée par ses partenaires de L’Union européenne dont notamment la France. Cet intérêt s’inscrit dans une stratégie plus large visant à exploiter les ressources fossiles de l’Arctique, matérialisée par la décision de Donald Trump d’autoriser des forages dans plusieurs territoires sous juridiction américaine, jusque-là protégés.

Or, outre le contexte géopolitique, c’est la planète qui risque de payer le plus lourd tribut. Selon l’Energy Information Administration américaine, l’Arctique contiendrait environ 90 milliards de barils de pétrole et 30 % des réserves mondiales de gaz naturel encore non découvertes. Le Groenland, plus spécifiquement, abriterait une large partie de ces ressources. En s’appuyant sur les facteurs d’émissions de référence fournis par l’ADEME, Greenly estime que l’exploitation des réserves pétrolières du Groenland générerait jusqu’à 15 milliards de tCO2e sur l’ensemble de leur durée d’exploitation. En étalant cette extraction sur 100 ans, cela représenterait toujours 150 millions de tCO2e par an pour le seul pétrole, soit près de trois fois l’empreinte carbone de la Grèce en 2023, estimée à 52 millions de tonnes équivalent CO2. L’exploitation du gaz naturel serait encore plus émettrice. Greenly estime que ce projet pourrait générer jusqu’à 15 000 milliards de tonnes équivalent CO2 sur toute la durée de l’activité.

How US Energy Policy is impacted with Trump's return to office A Greenly Data Story