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France
SÉCHERESSE : Le dispositif de gestion locale de la ressource en eau est activé par les préfets

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Dossier de
la rédaction de H2o
  
15/07/2026

 

La France connaît un épisode de sécheresse particulièrement précoce et intense. Au 14 juillet, la situation est comparable à celle de 2022 et apparaît même plus préoccupante pour les sols et les cours d'eau. En l'absence de précipitations significatives et avec des prévisions annonçant un été plus chaud et plus sec que la normale, le gouvernement renforce son dispositif de suivi, d'anticipation et de gestion de la ressource en eau.

Les indicateurs suivis par les services de l'État confirment une aggravation de la sécheresse sur l'ensemble du territoire. La sécheresse des sols est désormais généralisée en métropole et en Corse. Le Massif central, véritable château d'eau de la France, est particulièrement touché dès le début de l'été, comme lors des grands épisodes historiques de sécheresse. La situation des cours d'eau est aujourd'hui la plus préoccupante. Depuis le début du mois de juin, les débits diminuent rapidement sur l'ensemble du territoire. Près d'un tiers des stations de mesure enregistrent des niveaux inférieurs aux minima observés sur les vingt dernières années à la même période, tandis qu'un quart des petits cours d'eau sont désormais à sec, une situation inédite depuis le début du suivi national en 2012. Les débits naturels de la Loire atteignent des niveaux historiquement bas pour un mois de juillet, conduisant à un déclenchement anticipé du soutien d'étiage. Les nappes phréatiques poursuivent également leur baisse. Elles demeurent toutefois dans une situation plus favorable qu'en 2022 ou 2023 grâce à une recharge satisfaisante au printemps. Les nappes les plus réactives, notamment en Auvergne, dans le Limousin et le Grand Est, font l'objet d'une vigilance renforcée et pourraient connaître une baisse marquée dans les prochaines semaines. Cette situation confirme le dérèglement du cycle de l'eau : les épisodes de pluies intenses observés ces derniers mois ne suffisent plus à prévenir les périodes de sécheresse durable. Les barrages-réservoirs ont pu constituer leurs réserves (74 % de remplissage pour EDF et 70 % pour Voies navigables de France), mais leur mobilisation a débuté plus tôt que les années précédentes afin de soutenir les débits des cours d'eau tout au long de l'été.

La sécheresse entraîne déjà des tensions sur l'alimentation en eau potable dans certains territoires. Et les premiers impacts économiques apparaissent également, avec des restrictions affectant certaines activités industrielles dans les territoires les plus touchés. Les milieux aquatiques subissent des conséquences importantes : mortalités de poissons liées à l'élévation de la température des eaux, difficultés pour la conchyliculture, notamment sur le pourtour méditerranéen, et fortes pertes dans les élevages piscicoles, particulièrement en Bretagne, dans le Sud-Ouest et en Normandie. La biodiversité est également fortement affectée. Les centres de soins pour la faune sauvage enregistrent une hausse importante des prises en charge d'oiseaux, de chauves-souris et de mammifères sauvages victimes des fortes chaleurs.

Le dispositif national de gestion de la sécheresse est pleinement activé. Il repose sur le Guide sécheresse adopté en 2023, qui harmonise les mesures de restriction des usages de l'eau autour de quatre niveaux de gravité, sous l'autorité des préfets. Afin d'anticiper l'aggravation de la situation, une instruction interministérielle signée le 3 juillet par Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, et Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées de la Santé, renforce encore ce dispositif. Elle prévoit notamment la réunion des comités "ressource en eau" dans chaque département, une prise rapide des arrêtés de restriction dès le franchissement des seuils, des contrôles renforcés et un suivi hebdomadaire de la situation à l'échelle des bassins hydrographiques.

À ce jour, 97 départements font l'objet de mesures de restriction des usages de l'eau, dont 41 au niveau de crise. Au total, 201 arrêtés préfectoraux sont actuellement en vigueur. La Nouvelle-Aquitaine est la région la plus touchée, avec 11 départements sur 12 placés en crise. Selon le niveau de gravité de la situation locale, ces arrêtés peuvent prévoir des restrictions sur l'irrigation agricole, le remplissage des piscines privées, le lavage des véhicules, l'arrosage des jardins ou encore certains usages industriels. Ces mesures permettent de préserver la ressource en eau pour les usages essentiels et de limiter les impacts sur les milieux naturels.