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Dessin de tracé de fleuve

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Sénégal, Politique hydraulique
Le projet des Grands Transferts d'eau lancé en fin 2026

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Dossier de
la rédaction de H2o
  
08/04/2026

Le Sénégal s'apprête à lancer, à la fin de l'année, le projet des Grands Transferts d'eau. L'annonce a été faite le 26 mars par Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l'Hydraulique et de l'Assainissement, lors d'une conférence de presse organisée à Diamniadio.

Le projet des Grands Transferts d'eau (GTE) constitue l'un des piliers majeurs de la nouvelle politique hydraulique du Sénégal. Selon le ministre, "les études sont intégralement terminées et nous sommes, aujourd'hui, dans les derniers ajustements avant le démarrage des travaux". Ce vaste programme vise à mobiliser les ressources en eau disponibles, notamment à partir du Lac de Guiers, pour les acheminer vers les zones urbaines et rurales en forte demande, en particulier Dakar, Mbour, Thiès ou encore Touba. L'infrastructure reposera sur des conduites de grande capacité, des stations de traitement modernes et des systèmes de distribution optimisés. Au-delà de l'aspect technique, le projet intègre une dimension sociale importante. "Il n'est plus acceptable que des localités traversées par des conduites d'eau ne puissent pas en bénéficier", a déclaré Cheikh Tidiane Dièye. Ainsi, plus de 50 localités seront raccordées au réseau dans le cadre de ce programme. Un volet agricole est également prévu avec l'acheminement de l'eau vers certaines zones pour soutenir les activités agricoles. "Nous voulons faire de l'eau un levier de développement économique et social", a-t-il ajouté.  Pour les transferts d'eau vers Dakar, Mbour, Thiès et Touba, le projet devrait coûter plus de 1 000 milliards de francs CFA. Un financement que le Sénégal compte décrocher dans le cadre d'un partenariat public-privé. 

Par ailleurs, le gouvernement renforce ses interventions en milieu rural à travers des projets structurants et un programme d'urgence destiné à améliorer rapidement l'accès à l'eau potable. L’objet est de faire converger l'hydraulique urbaine et rurale afin de réduire les disparités. La réforme prévoit également une nouvelle gouvernance intégrant l'État, le secteur privé et les collectivités territoriales. L'autre avancée majeure est la création d'une Autorité de régulation du secteur de l'eau et l'élaboration d'un nouveau Code de l'eau dont l'actuel date de 1981. "Le cadre actuel n'est plus adapté aux défis d'aujourd'hui. Il fallait le réformer en profondeur", a expliqué le ministre. Le calendrier est déjà fixé avec une mise en œuvre progressive jusqu'en 2029.

Babacar Guèye Diop, Le Soleil (Dakar) – AllAfrica

 

DOSSIER LE SOLEIL

Par ailleurs, Babacar Guèye Diop, journaliste au quotidien Le Soleil, a entrepris une tournée sur le thème de l’hydraulique rurale. 

Thies-Diourbel – Aquatech tire un bilan chaotique
Délégataire du service public de l'eau à Thiès et Diourbel, la société Aquatech ne gère que 126 forages sur un total de 264. Le fermier, en activité depuis avril 2018, se heurte à la défiance des populations qui ont créé des collectifs Aquatech Dégage. Chez le délégataire du service public de l'eau dans la région de Thiès et Diourbel, on ne tourne pas autour du pot. "Le bilan est chaotique", résume Modou Ngoné Niass, directeur de l'exploitation de la société Aquatech. Il évoque notamment une forte résistance des Associations d'usagers des forages (ASUFOR), de certaines autorités politiques, religieuses et coutumières. L'opérateur reproche aussi à l'État de ne pas suffisamment porter la réforme.
Babacar Guèye Diop, Le Soleil (Dakar) – AllAfrica

Tambacounda – La SOGES noyée dans des difficultés du réseau 
Depuis octobre 2018, la Société de gestion des ouvrages d'eau du Sénégal (SOGES) affiche des progrès dans l'exploitation des ouvrages. Mais des insuffisances structurelles continuent de freiner la performance du service.
Babacar Guèye Diop, Le Soleil (Dakar) – AllAfrica