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Dossier de la rédaction de H2o   |
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| 08/01/2026 | |
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Le XIXe Congrès mondial de l'eau, organisé à Marrakech, a replacé le Maroc devant une vérité qu'il ne peut se permettre d'appréhender avec légèreté : l'eau n'est plus un simple paramètre écologique ni un dossier technique pouvant être ignoré par l'administration. Elle est devenue un espace nécessitant un courage politique pour dire la vérité, un révélateur de la qualité de l'action de l'État, de la cohérence des choix publics et de la capacité du gouvernement à anticiper, protéger et décider. Le Maroc dispose d'un capital hydraulique relativement exceptionnel, forgé depuis six décennies par une vision d'État continue et ambitieuse. Les infrastructures issues de cette vision – rares en Afrique – auraient dû constituer un rempart durable face à la raréfaction des ressources. Toutefois, elle se trouve aujourd'hui fragilisée par des failles de gouvernance, des hésitations stratégiques et une exécution publique incapable de transformer cet héritage en véritable sécurité hydrique. Plus qu'un simple enjeu environnemental, l'eau est devenue un miroir sans indulgence : elle révèle le déficit de coordination, la lenteur décisionnelle, les contradictions politiques et même l'érosion de la confiance citoyenne. Elle constitue l'un des tests les plus fiables pour mesurer la capacité du pays à affronter les transformations climatiques, économiques et sociales qui redessinent son avenir. Un héritage hydraulique majeur, mais une exécution gouvernementale défaillante ; une crise de l'eau devenue une crise économique, alimentaire et sociale ; le stress hydrique comme vérité scientifique, et défaite politique : l’article du quotidien du parti de l'Union socialiste des forces populaires ne fait aucun détour. L'eau peut devenir le moteur d'un Maroc résilient, sûr de lui et souverain. Le pays a tout pour transformer la contrainte hydrique en levier de puissance, comme l'ont fait l'Espagne et l'Australie. Mais cela suppose une rupture nette avec la gestion au jour le jour. Ce dont le Maroc a besoin aujourd'hui, ce n'est pas d'un slogan de plus, mais d'un État disposant d'une vision stratégique dans le domaine hydrique et capable de décider. La bataille de l'eau a déjà commencé. La gagner dépend désormais de notre capacité collective à faire de l'hydraulique non pas un secteur, mais une vision nationale. Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la XIXe édition du Congrès mondial de l'eau, co-organisée par le ministère de l'Équipement et de l'Eau et l'Association internationale des ressources en eau (IWRA) était placée sous le thème "L'eau dans un monde qui change : Innovation et adaptation". Mohamed Assouali, Libération (Casablanca) – AllAfrica |
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