Magazine H2o | Afrique, Le défi de la démographie et de l’urbanisation | Enjeux-Avis d'expert

Dessin de tracé de fleuve

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OCTOBRE 2018

Monde

  1. L’OMS demande d’accroître les investissements pour atteindre la couverture universelle des services d’assainissement
  2. INITIATIVE
    La FAO et la Nouvelle banque de développement unissent leurs forces en vue de réaliser le Programme de développement durable
  3. RECHERCHE INNOVATION
    La Chine lance un modèle d'évaluation en ligne du changement climatique
  4. RECHERCHE
    Le fleuve Lancang s'est formé il y a 17 millions d'années
  5. RENCONTRES
    13ème COP Ramsar
    Les zones humides pour un avenir urbain durable

Europe

  1. Rhin
    L’acte de Mannheim fête ses 150 ans
  2. France
    Transport fluvial de marchandises : Le parcours du Conquérant
  3. Observatoires du trait de côte : Le réseau national sur Internet
  4. ARTOIS-PICARDIE
    Adoption du 11ème programme d'intervention 2019-2024
    1,114 milliard d'euros pour financer des projets sur l'eau et la biodiversité
  5. RHIN-MEUSE
    Adoption du 11ème programme d'intervention 2019-2024
  6. SEINE-NORMANDIE
    Forum des acteurs de l’eau
  7. Projet Baignade dans la Marne et la Seine
  8. PUBLICATION
    L’AFB publie son premier rapport d’activité
  9. APPEL À PROJETS
    Lancement de l'appel national Écophyto 2018
  10. CLASSES D'EAU
    Les zones humides au cœur des travaux de classes d'eau du bassin Rhin-Meuse
  11. CONCOURS
    Concours d'affiches 2019
    Il y a de la vie dans l'eau ! Ici et ailleurs
  12. EXPOSITION
    Appel à candidatures
    Beware! : le magazine d'art invite les photographes, peintre, graphistes et illustrateurs à participer à sa prochaine exposition 
  13. DÉCOUVERTE
    À la découverte des grues cendrées

Afrique

  1. Les experts valident le modèle des services d'information sur le climat 
  2. Maroc
    Bientôt un laboratoire de recherche sur l'eau ?
  3. Sénégal
    Contrat d'affermage de l'eau : Contestations des associations
    Évincée au profit de Suez, la Sénégalaise des Eaux dépose un recours
  4. Togo
    60 % de l'eau de boisson est impropre à la consommation 
  5. Congo-Brazzaville
    District de Mindouli : Retard dans la construction du réseau d'eau potable
  6. Congo-Kinshasa
    Province du Haut-Katanga : L'entreprise La Valley accusée de violer les droits des communautés 
  7. Madagascar
    Défécation à l'air libre : La commune d'Imanja citée en exemple

Asie

  1. Chine
    Publication d'une ligne directrice pour améliorer la biodiversité du fleuve Yangtsé

Amériques

  1. Canada
    Voici à quoi pourraient ressembler les conséquences des changements climatiques au Canada
  2. Canada – Québec
    Marie-Chantal Chassé nommées ministre de l’Environnement

Économie

  1. États-Unis – H2O Innovation renouvelle et élargit ses contrats d’O&M 
  2. États-Unis – Suez annonce 4 contrats sur le continent 
  3. Amérique latine – Suez renforce sa présence dans la gestion de l'eau de grandes métropoles
  4. France – Nouveaux contrats pour Veolia Eau 
  5. France – Agen confie à Saur la gestion de ses services d’eau et d’assainissement
  6. Algérie – Suez conforte sa présence sur les marchés de l’eau et de l’assainissement
  7. Ouzbékistan – Veolia signe un accord pour la modernisation du service d’eau de Tachkent
  8. H2O Innovation – Piedmont obtient d’importantes commandes et dévoile de nouveaux produits
  9. Saur – Le groupe acquiert Alliance Environnement
  10. Saur –  Le groupe devient actionnaire majoritaire d’Emalsa
  11. Suez – Suez acquiert Optimatics, leader de l'optimisation des réseaux d'eau

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H2o 2.0 n° 219 décembre 2018
L'œil de la baleine

201812_MakiOhkojima.jpgEntre engagement écologique et célébration des mers et océans, l'œuvre de Maki Ohkojima nous emmène dans un univers à la Jérôme Bosch, dévoilant de gigantesques baleines colorées, dont le détail fait figurer le désastre humain : la plastification des océans, les marées noires.

carte blanche à Maki Ohkojima
Aquarium de Paris

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Décembre 2018 SEMAINE 3

Afrique, Le défi de la démographie et de l’urbanisation

Mots clés : Afrique, démographie, urbanisation, urbanisation subie, urbanisation maîtrisée, développement social et humain
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AFRIQUE
Le défi de la démographie et de l’urbanisation

 

On le sait, l’Afrique du XXIe siècle sera urbaine ; elle l’est déjà en grande partie. Mais cette "croissance" est-elle une aubaine ? La question est de savoir si l’Afrique pourra passer d’une urbanisation subie à une urbanisation maîtrisée, facteur de développement social et humain.  

Guillaume JOSSEDirecteur général de GroupeHuit

article paru dans la revue PROSPECTIVE STRATÉGIQUE
"Afrique, que fais-tu de tes talents ?", numéro 46 été 2017
H2o – juillet 2017

 

Depuis les années 1980 l’Afrique s’urbanise à marche forcée. Tous les pays sont concernés, même si certains connaissent une urbanisation plus tardive que d’autres. Partout des villes naissent et grossissent. Le mouvement est puissant et apparaît inéluctable.

On le sait, l’Afrique du XXIe siècle sera urbaine. Elle l’est déjà en grande partie. Les chiffres donnent le tournis : 500 000 nouveaux urbains par semaine en Afrique subsaharienne aujourd’hui ! Il faut rappeler que cette urbanisation diffère peu de celle qu’on connu d’autres régions du monde. Les grandes villes croissent, mais aussi les moyennes et les petites. En termes de réseau urbain, de morphologie, de densité, de mode de construction, d’organisation des services et d’infrastructures, de gestion, les villes africaines ne sont pas différentes des autres villes des pays du Sud. Il n’y a pas de villes africaines ; il y a simplement des villes en Afrique.

Beaucoup voient dans cette "croissance" urbaine une aubaine, on peut pourtant en douter. Car peut-on sérieusement penser que gérer une croissance démographique de 5 à 7 % par an pendant 20 ou 30 ans est positif ? Pour ceux qui gèrent les villes, certainement pas. C’est à la fois une formidable opportunité et un risque majeur. En effet, construire une ville et la faire grossir ne suffit pas, il faut des emplois, des soins, de l’éducation, des infrastructures, des services, etc. car puis-je raisonnablement penser me développer en tant qu’individu ou en tant que groupe si j’ai les pieds dans l’eau trois mois de l’année, si je ne peux pas être soigné, si je n’ai pas de revenus ou si je n’ai à disposition aucun moyen de me déplacer ? Développer les services et les infrastructures est absolument indispensable, il faut le marteler et rappeler que cela nécessite de l’argent, beaucoup d’argent.

Le premier enjeu est donc celui de l’aménagement des villes en Afrique. Si on veut qu’elles aient un avenir, un effort massif est nécessaire car ici tout est encore à construire. Il faut d’abord investir massivement pour rattraper le retard et anticiper la croissance future. Pour construire des routes, des canaux de drainage, des bâtiments, pour améliorer les services… Ces investissements devraient logiquement être financés par des prêts. Or, aujourd’hui, les villes d’Afrique n’ont pas accès à l’emprunt, l’éventuel prêteur n’ayant aucune visibilité sur leur capacité de remboursement à long terme, et ce faute de système de financement pérenne. Personne n’ose prendre un tel risque. Il faut le rappeler, les budgets des villes africaines sont incroyablement faibles : quelques euros par habitant et par an, 100 ou 1 000 fois moins que les pays de l’OCDE.

Cette faiblesse budgétaire (due entre autre à une collecte fiscale très faible) entraîne aussi un déficit permanent d’entretien et de maintenance. Faute de moyens, les uns après les autres, les investissements réalisés se dégradent et il faut alors recommencer. Par ailleurs, sans une administration suffisante, il est impossible de gérer le territoire, de contrôler l’urbanisation, d’anticiper… Aujourd’hui existe-t-il une seule ville subsaharienne en capacité d’empêcher l’urbanisation de zones inondables ? Probablement non. Pourtant ces actions de renforcement ne seraient pas très coûteuses comparées aux investissements. Mais elles nécessitent du temps, un engagement politique local sans faille et un changement profond de manière de faire des financeurs externes – financer le fonctionnement et plus seulement l’investissement.

Mais construire des villes n’est pas qu’affaire d’argent, même si les ressources financières sont indispensables. Une ville, c’est d’abord une société humaine, non une machine ! De plus en plus fréquemment l’urbain est abordé selon une approche systémique. De fait, tout est lié : l’investissement et le fonctionnement, l’environnement et l’économie, le politique et le social… Cette approche conduit souvent à voir et apprécier la ville comme une machine complexe, évolutive, mais une machine tout de même, dont la qualité du fonctionnement dépend de la finesse des réglages et de l’expertise de ses concepteurs et utilisateurs.  L’ultime avatar de cette pensée est le concept de "smart city", la ville intelligente car technologique. Grossière erreur : la ville n’est pas une machine, car l’homme n’en est pas une non plus.

La ville est le support d’une société. C’est  l’ensemble des citadins qui forment la ville. À cet égard, il n’y a pas de différence entre une ville et un village.  On ne peut réduire la ville à une construction technique et son avenir à une expertise ou une science. La construction d’une ville est un processus de maturation complexe et largement imprévisible. De ce point de vue les villes d’Afrique ont un avenir car malgré des moyens incroyablement faibles ces villes existent, actives, dynamiques, foisonnantes. Elles portent une culture propre, produisent de nouvelles relations sociales et des modes d’organisation singuliers. Les habitants innovent, aménagent, créent, malgré des contraintes qu’on a peine à imaginer.  

La question est de savoir si l’Afrique pourra passer d’une urbanisation subie à une urbanisation maîtrisée, facteur de développement social et humain. Pour cela il est urgent de donner aux villes les moyens de leur développement.

  

 L'auteur
Urbaniste-géographe, Guillaume Josse a plus de vingt ans d’expérience dans le développement urbain et l’appui aux collectivités locales, à la fois en bureau d’études techniques, en collectivité locale et à l’Agence française de développement. Il a piloté de nombreuses études de faisabilité et de planification urbaine, et mis en place des financements à l’endroit des collectivités locales tant en Afrique subsaharienne qu’au Proche-Orient, en Asie et en Amérique latine. 

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