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Un petit rappel historique simpose ; il faut se rendre compte quà lépoque lensemble des travaux de terrassement saccomplissaient à la main ou avec laide du cheval. Amener leau au Château de Versailles nécessitait donc de résoudre un problème dune ampleur et dune difficulté comparable à lalimentation actuelle de la région parisienne en eau ...
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A lépoque de Louis XIII on entend déjà parler de létang de Clagny ; une pompe située dans langle du parc de Versailles alimentait le château. En 1663, Le Vau construisit un édifice appelé "grande pompe" composé dun corps central abritant les pompes et flanqué de deux bâtiments circulaires destinés à recevoir leau. Linstallation mécanique construite par Joly comprenait quatre pompes actionnées par deux manèges à chevaux. On trouve ainsi le premier principe dalimentation en eau des bassins par gravitation comme encore actuellement. La pompe de Joly fut ensuite aidée par trois moulins à vent que Le Vau fit bâtir au nord de lEtang de Clagny. |
Le
puits d'angle de l'aqueduc de Marly |
Enfin, on construisit un système de retour sur la base dun moulin permettant de renvoyer leau des bassins à létang. Ces premières installations permirent les jeux deau qui furent lun des principaux attraits de la grande fête que Louis XIV donna à la cours le 18 juillet 1668. Pour augmenter lapport aux Etangs de Clagny, on draina les communes du Chesnay, de Vaucresson et de la Celles Saint-Cloud au moyen daqueduc souterrains. Parallèlement, quatre moulins à vent refoulaient depuis létang du Val-de-Bièvre jusquau sommet du plateau de Satory. Leau sécoulait ensuite vers le réservoir de Satory par une conduite en fonte ; ce cite a disparu suite à lélargissement des voies SNCF au niveau de la gare de Versailles Chantier. Vers 1668, le moulin de Launay compléta cette installation. A partir de 1675, Gobert intendant des bâtiments du roi étudia et réalisa le réseaux des "étangs inférieurs". Ce projet pu saccomplir grâce aux travaux de lAbbé Picard qui développa le principe du niveau à lunette, autorisant ainsi les travaux de nivellement. Ce nouveau réseau se composait de rigoles qui acheminaient leau aux étangs de Saclay ("étang vieux"), dOrsigny et du Trou Salé. Des aqueducs souterrains rejoignaient Satory et son réservoir. Pour franchir la Bièvre, il fut construit un pont à deux étages long de 450 mètres que lon peut admirer sur la commune de Buc. En 1685, létang de Villiers et "étang neuf" de Saclay complétèrent ce réseau. En parallèle aux "étangs inférieurs", situé plus au nord, le système des "étangs supérieurs" voit le jour à partir de 1684. Il comprend les retenues du Mesnil-Saint-Denis, de la chaîne Saint-Hubert, Pourras, Corbet, Bourgneuf et Hollande, de létang de La Tour au sud-est de Rambouillet et de létang du Perray achevé en 1685. Les "étangs supérieurs" se jetaient dans le Carré de Trappes au dessus des étangs de Gobert et pouvaient alimenter par gravitation les réservoirs de Montbauron. Ceux-ci furent réalisés sur lordre de Louvois en 1685 et pouvaient recevoir à la fois leau de Seine (Machine de Marly) et celle des "étangs supérieurs". Les "étangs inférieurs" quant à eux parvenaient au Carré de Saclay et alimentaient ainsi les réservoir de Gobert. Entre Rambouillet et Versailles un vaste réseau permettait ainsi le drainage et lécoulement du plateau sur 34 kilomètres, modifiant radicalement les dispositions hydrographiques naturelles ; au point quà présent il paraît délicat de labandonner. En tout treize étangs et retenues pouvant stocker près de huit millions de mètres cubes deau, près de deux cent kilomètres de rigoles dont vingt cinq en aqueduc souterrains, recueillent les pluies tombées sur plus de treize mille hectares. Il faut bien avouer que pour lépoque il sagissait dun travail gigantesque ! Mais le système des étangs présentait linconvénient de dépendre de la pluviosité ; dautre part ces eaux de ruissellement nétait guère propre à la consommation. Aussi, un projet gigantesque vit le jour : celui de refouler leau de Seine sur le plateau de Louveciennes. Avant de se décider, des études furent menées et un essai à petite échelle organisé au moulin de Palfour, au pied du Coteau de Saint-Germain. Arnold De Ville un homme daffaire sassocia au charpentier liégeois Rennequin Sualem pour une uvre commune : la Machine de Marly. Cest le 16 juin 1684 que la Machine fut essayée sous les yeux du roi. Pompée dans la Seine leau aboutissait au sommet de la tour nord du pont aqueduc de Louveciennes formé de trente six arches et long de six cent quarante trois mètres.
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De la tour sud partaient des conduites pour alimenter les réservoirs de Marly connus sous le nom "des Deux Portes". Un aqueduc souterrain conduisait ensuite les eaux de Louveciennes aux réservoirs de Picardie puis ceux de Monbauron empruntant le Mur de Montreuil, haut de vingt trois mètres et long de plus dun kilomètre. Construit en 1685, ce "mur" fut démolit et remplacé par un tuyau de fonte en 1736. Ainsi, à la fin de 1685, leau de Marly entre dans Versailles. Mais du fait du besoin en eau du Parc de Marly et de larrivée de leau des étangs à Versailles, on réserva la production de la Machine au domaine de Marly. |
| Aqueduc de Saclay Photo Mathieu Francillard |
Il fallu attendre 1736 pour que leau de Seine réapparaisse à Versailles. Après la mort de Louis XIV, les fontaines publiques furent arrêtées et les eaux "bonnes à boire" dérivées dans les propriétés des riches bourgeois. Il subsiste encore aujourdhui la majorité des ces infrastructures. Certaines sont même toujours en activité trois cent trente ans plus tard ! Cest le Service des Fontaines de Versailles, Marly et Saint-Cloud - rebaptisé Service des Fontaines du Château - qui fut chargé de veiller sur ce précieux héritage par le Ministre de la Culture. Tache ardue ! Pour des raisons matérielles bien sûr, mais surtout parce que la restructuration de ce patrimoine fait appel à lhumilité de notre siècle devant luvre de ceux qui lont précédé. Une humilité dont nous faisons preuve assez volontiers lorsquil sagit du patrimoine monumental et artistique du passé, mais dont nous sommes plutôt avare lorsquelle bouscule nos certitudes, et bat en brèche notre naïf complexe de supériorité dans le domaine des sciences et techniques. Certitudes et supériorité qui nous ont aveuglés au point de navoir pas su reconnaître la grandeur et laudace dun système capable de détourner et de canaliser les cours deau, en utilisant les lois de la nature, et au point parfois de lavoir détruit. Le résultat, cest linsuffisance des ressources en eau du parc de Versailles.
ResSources
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